C'est quoi ?

"Quelques mots ..." Qu'est-ce que c'est ?

parfois humeurs, réflexions du jour. 
surtout cheminement de récits à suivre...
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Lundi 18 août 2008

J'emboîtai instinctivement son mouvement déambulatoire. Après deux ou trois dizaines de mètres je pouvais fermer le yeux et sentir la parfaite adéquation entre mon rythme et le sien. Ma jambe gauche s'avançait exactement au même instant que la sienne. Mon pied droit quittait le sol au moment même où le sien se soulevait. Je n'avais pas besoin de regarder les basculements de son bassin pour éprouver la sensualité de ses hanches : je la vivais dans ma propre évolution. Nous communiions dans notre marche, j'en étais persuadé.

par Olivier publié dans : fugues
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Samedi 16 août 2008

Parce que bien sûr je n'ai pu résister à l'attraction de la béance. Je me suis avancé un peu plus. Des murs de briques bicentenaires étaient éventrés mais se dressaient face aux coups répétés du buldozzer. Des trous jouxtaient des tas dont on ne savait s'ils résultaient des trous où s'ils leur étaient destinés. Je fus pris d'un vertige, augmenté par le vacarme qui parasitait mes pensées. Je m'en retournai et  repris mes esprits pour réaliser que je n'avais jamais interrompu si durablement ma course matinale. Je pris à ma gauche et repassai devant le chausseur. Stupeur ! Une femme en sortait à ce moment. Il me fallut quelques secondes pour la reconnaître : je la voyais pour la première fois de dos. Son sac jeté sous son bras, la main droite repoussant une mêche sur les épaules, en six pas elle semblait avoir trouvé son rythme. Elle marchait dans une parfaite régularité de mouvement. Du talon à la nuque, aucune partie de son corps ne semblait souffrir des heurts continuels des pieds sur les dalles. Chaque torsion paraissait légitime et douce. Pas une contraction dans les jambes n'était une resistance au choc : ce corps avait dompté la chaussée. C'était incroyable : moi qui avais réussi grâce à ce qui avait représenté, autant que je pouvais en juger, de vrais efforts, à maîtriser l'art de la marche à pieds pour optimiser mon trajet domicile-travail, je me trouvai à faire mes premiers pas, infiniment loin derrière cette championne toutes catégories.

par Olivier publié dans : fugues
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Lundi 14 juillet 2008

BTP

J'en prends conscience à la vue de la  machine dont l'assaut est très vite accompagné d'un grand fracas. J'entends mais ne vois pas ce qui se trame derrière le mur de tôles ondulées.
Aujourd'hui je ne comprends pas encore pourquoi il a fallu que j'aille à la suite de cet engin : pour y vérifier quoi ? Ce n'était que des travaux. Du BTP il paraît. Je sais maintenant que les travaux publics sont les ennemis de ma vie privée.
par Olivier publié dans : fugues
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Samedi 12 juillet 2008
J'avance tout de même jusqu'au magasin : peut-être ai-je marché trop vite sans m'en rendre compte - bien que cela me semble inconcevable - , peut-être vais-je la surprendre au moment où elle allumera justement les mini projecteurs halogènes qui donnent cette lumière blanche et glaciale, ce qui m'effraie, mais qui magnifie le grain de sa peau, ce qui me ravit. Mais alors même que j'approche de l'enseigne mon oeil doit se fixer, captivé par un bulldozer jaune qui se tient dans le petite rue sur la gauche, puis s'élance vers l'ouverture aujourd'hui béante entre deux tôles noires, alors que celles-ci étaient jointes et cadenassées depuis au moins quinze ans. Je m'arrête et contemple ce spectacle qui, à ma stupéfaction, introduit une rupture intense dans mon quotidien. La rue n'est plus comme hier, ni avant-hier. Désormais c'est sûr, plus rien ne sera comme avant.
par Olivier publié dans : fugues
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